CONCERT DE METRONOMY AU ZENITH 03/03/2012
Et si vous étiez condamné à n’écouter plus que 3 groupes et ce jusqu’à la fin de votre vie, quels seraient-ils ?
En ce qui me concerne, pour répondre à cette question qui mérite longue réflexion, je choisirais les Doors et les Whites Stripes pour mon amour du rock n roll, et Metronomy pour la touche pop electro fraîcheur sophistiquée, et surtout pour danser.
Alors quand l’heure est venue d’aller voir cette pépite de groupe, mon corps tout entier se prépare à prendre une décharge électrique, un séisme à l’intérieur de moi, un badaboum, un what the fuck, tout ça…
Amoureuse de “Nights out”, je redoutais qu’ils ne jouent principalement que du “The English Riviera” (album plus connu du grand public et par conséquent plus demandé), ce dernier étant tout autant réussi mais résolument plus pop, moins underground, et nébuleux que le premier.
Et en fait, ce fut un délicieux mélange des deux, avec même une surprise au milieu. Comme un fondant au chocolat.
Après une intro toute en douceur, Metronomy commence son concert avec du très lourd. Un “The Bay” explosif. S’en suit une succession de bijoux.
Un “Heartbreaker” spatial, lunaire. Le groupe est affublé d’une sorte de méga pin’s lumineux placé à gauche de leur poitrine, sur le cœur (Ooooh…:) ). On dirait des lucioles intergalactiques (le jeu de lumière aidant) qui débarquent sur Terre pour nous emmener avc eux, voyager dans la milky way. On les suit volontiers.
Arrive “Everything goes my way”, poétique, romantique. Seul petit bémol, Anna Prior, pourtant parfaite valeur féminine ajoutée, excellente à la batterie, ne pousse pas bien fort la voix… On l’entend à peine. Le reste du groupe s’ajoute alors au duo Joseph/Anna, à base de “ouh ouh ouh ouh ouhouhouh” et l’harmonie prend place.
BOUM ! “My heart rate rapid” (1er moment préféré). La salle entre en transe, en sueur, droguée par le son, addict au beat. Le synthétiseur d’Oscar Cash passe de mes orteils jusqu’à mes lobes d’oreilles. En fait, c’est ça le bonheur.
On retrouve un peu (un temps) ses esprits avec “Back on the motorway” et un joli solo de sax’ apprécié à la fin de la chanson. Et on repart de plus belle avec “Holiday”, joué à un rythme effréné. Gbenga Adelekan assure à la basse. C’est intense.
“Corinne”. Et une deuxième fois, on n’entend que trop peu Anna. Dommage. Mais un groupe tellement uni et complice, et un instru tellement efficace qu’on ne s’attarde pas longtemps sur ce bémol. Mon objectivité faussée me ferait presque dire, “ok on l’entend pas, mais quand même, ça déchire”.
Joseph Mount prend ensuite le micro pour évoquer le tout premier passage du groupe dans la capitale en 2006, à la sortie du premier album “Pip Paine” (complètement foufou, à écouter d’urgence si inconnu au bataillon). Le groupe enchaîne alors avec un titre aux notes rock n roll (“You could easily have me”), qui en déconcerte certains, mais qui en ravie d’autres (moi y compris). Alors on bouge les cheveux au son des riffs de gratt’ un peu crade (au sens mélioratif du terme of course) et on kiffe.
Re-BADABOUM avec le 2ème moment préféré de la soirée. “Radio Ladio”. J’en ai des frissons rien que d’y penser. La foule et le groupe ne font qu’un, notamment au moment du refrain, où toute le monde chante, le poing en l’air, en rythme saccadé et terriblement dynamique.
Pas le temps de dire ouf, “A thing for me” qui commence pourtant tout en délicatesse se termine en pure folie hysterico-cosmique aux notes new wave.
Un moment “rave party” avec “Love is underlined”, puis pour se calmer, “The look”. Là, on a envie de faire des bisous. Lumière rose, lavande, boule à facette disco inferno, présente mais pas omniprésente, légèreté, incandescence…
Une ambiance rite vaudou fait suite à la session céleste. Changement de configuration pour le groupe. C’est le 3ème moment préféré. Le plus calme en apparence, mais tellement riche en vibrations, sensations psychédéliques. On plane avec “Loving arm”.
Le groupe quitte la scène. Le synthé toujours en marche, en fond sonore. Un instant d’applaudissements mêlé aux cris mêlés à une excitation certaine. Et c’est le moment du rappel.
Subtilement, Metronomy entamme “We broke free”. La lumière est chaude, le ton sensuel. On serait bien reparti pour un tour. Qu’est-ce qu’on est bien…
Et tout cela se finit avec “On Dancefloors”, j’en chialerais presque comme c’est beau, comme c’était beau.
J’ai passé un moment sensationnel, j’ai été prise aux tripes pendant presqu’une heure et demie. La générosité de Metronomy égale sa créativité, remarquable. Ce groupe estampillé “valeur sûre” de la pop electro actuelle a prouvé que de vrais bons artistes sont encore meilleurs en live. Un show chaud et transcendantale.
Merci Joseph, Oscar, Gbenga, Anna, revenez nous vite !!!
DJ KRUSH VS DJ VADIM @ LA MACHINE DU MOULIN ROUGE 04/02/12
Quand tu croises un pote dans le métro à 1h du mat’ il t’emmène à la Machine voir 2 références de l’abstract hip hop, DJ Krush et DJ Vadim.
Arrivée, Vadim is “in tha place”. Dehors il fait -1000 degrès, dedans 40. Ce soir, il a eu tout bon ! Un set léger et lourd à la fois, une sorte de juste équilibre. Le son est hip hop évidemment, ponctué de notes jazzy, funky, dubstep même ! Nos jambes dansent toutes seules. Et ça, Vadim le voit. Alors il prends le micro et lance un “French public is better than London one ! ” Hell yeah !
Et là Krush arrive, et badaboum ! Il nous a offert un set riche en mélange des genres (avec toutefois une prédominance trip hop). C’est puissant. C’est planant. Il pose une ambiance plutôt douce malgré une salle pleine à craquer de gens tous plus chauds bouillants les uns que les autres. Les beats sont propres, efficaces, fluides parceque très travaillés. Et des samples exotiques, on voyage.
Les deux ont réussi à créer une vraie complicité avec leur public, on était à leur écoute comme ils étaient à la nôtre. Alors on dit merci les gars, c’était chouette !